2025-04-04
La vraie nature de Gilles Carle présentée en primeur à Sherbrooke
Anik Moulin

Ça fait quinze ans de son départ, donc on s'ennuie de sa pensée, on s'ennuie de sa vision, de son humour du monde. Il était temps qu'on le ramène.
Elle fut sa muse et sa compagne durant tout près de trente ans. Aujourd'hui, Chloé Sainte-Marie, interprète, est l'initiatrice de cette toute nouvelle exposition, présentée en primeur au Centre culturel Pierre-Gobeil, à Sherbrooke.
La vraie nature de Gilles Carle propose jusqu'au 28 juin son oeuvre picturale et des photographies érotiques. Chloé ose nous ouvrir une fenêtre plus intime de sa vie avec Gilles.

Il faut partager, parce que ça va faire avancer, surtout qu'on régresse un peu ces temps-ci. Il faut, au contraire, montrer ces photos qui disent la liberté. C'est d'abord et avant tout la liberté.
explique Chloé Sainte-Marie au micro de Vivement le retour, ajoutant que son homme était créatif et fort productif.
Gilles avait toujours un crayon dans les mains ou une caméra. Toujours! Quand je suis entrée chez lui la première fois, il devait avoir 300 ou 400 crayons partout dans la maison. Il disait : " la richesse, ça se voit au nombre de crayons qu'il y a sur une table. "
Une exposition éclatée
L'historien de l'art et commissaire de l'exposition, François Renaud, connaît Chloé Sainte-Marie depuis très longtemps. Il a minutieusement choisi les oeuvres, avec elle.

PHOTO : RADIO-CANADA / SÉBASTIEN PRIEUR
C'est une exposition très baroque. On présente une partie de son corpus dessiné et peint et une sélection de photos érotiques. M. Carle est un être libre et Chloé a partagé sa vie pendant presque trente ans. Ce qui se dégage de tout ça, c'est beaucoup d'amour; l'amour qui les a unit dans la création, dans le travail.
explique M. Renaud.
Gilles, sans balises
Gilles Carle fut formé à l'École des beaux-arts de Montréal, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Il réussit même à y entrer à l’âge de 16 ans. Il sera l'élève des peintres Pellan et Calder, notamment.
Au début des années 1960, il touche à la réalisation. Ce sera une révélation. Au cours de sa florissante carrière, il sera scénariste, monteur, producteur et il réalisera plus d'une soixantaine de longs, moyens et courts métrages, des émissions de télévision et plus de trois cents messages publicitaires. La liberté sera sa marque.
Ce qui est fantastique, c'est que lorsqu'on regarde son cinéma, il présente le peuple québécois dans différentes situations. Il a abordé des thèmes, il était avant-gardiste. C'est un homme qui a traversé le 20e siècle, mais il était déjà dans le 21e.
Gilles Carle s'est éteint en novembre 2009 à Granby, à l'âge de 81 ans, des suites de la maladie de Parkinson. Chloé aura été à son chevet plusieurs années, comme proche aidante. Cette exposition la replonge dans des souvenirs impérissables. De revoir toutes ses oeuvres lui fait, étonnamment, beaucoup de bien.
Moi, je n'ai jamais cessé la communication avec Gilles. L'amour n'a pas cessé. La mort ne tue pas l'amour. Au contraire, on dirait que ça s'amplifie.
Une exposition et huit activités
Le Centre culturel Pierre-Gobeil célèbre Gilles Carle en grand. Parmi les nombreuses activités proposées, notons la projection de films en présence des artistes Michèle Richard, Carole Laure, Micheline Lanctôt, Charles Binamé et Chloé Sainte-Marie.
Chloé présentera aussi son spectacle Maudit Silence le 12 avril. Parce qu'en plus de l'amour, c'est l'art qui a longtemps uni le couple. Et qui continue de le faire.
